15/11/2010
Le Réseau des ONG européennes pour le plaidoyer sur l’Afrique Centrale (EurAc) et ses ONG-membres ont lu avec grand intérêt les différents dossiers et déclarations (Human Rights Watch, Resolve, Enough, International Crisis Group) sur la problématique de la LRA (Lord’s Resistance Army). Ils saluent l’attention que les différentes instances internationales accordent à cette cause d’instabilité et de souffrance dans les quatre pays.
Depuis plus de deux décennies, la LRA n’a pas cessé de terroriser les populations civiles, d’abord en Ouganda, et plus tard en RDC, en RCA et au Soudan. EurAc et ses membres constatent qu’aucune opération militaire n’a réussi à mettre fin aux crimes de la LRA durant toute cette période.
Malgré cette longue existence de la LRA, le mouvement n’est pas très connu, ni dans sa composition, ni dans sa structure, ni dans ses objectifs. EurAc est convaincu que les acteurs de la société civile des régions touchées par la LRA ont un rôle crucial à jouer tant dans la compréhension du phénomène LRA que dans le rétablissement du dialogue.
EurAc affirme qu’une solution durable au problème de la LRA devra se baser sur la négociation et sur le dialogue. Nous partageons cette vision avec les leaders religieux de la région. La dimension militaire est certes importante mais elle n’aura aucun impact durable si elle ne s’inscrit pas dans une stratégie plus large.
C’est pourquoi EurAc recommande à l’Union européenne et à ses Etats-membres de :
1) Explorer, protéger et élargir l’espace pour une approche non-violente et une solution négociée. Pour cela,
2) Harmoniser le volet militaire d’une action contre la LRA
3) Se focaliser sur la protection de la population et sur la cessation des violations des droits de l’homme
Donner un signal fort que la communauté internationale approchera désormais la LRA comme une problématique régionale prioritaire de façon cohérente et coordonnée. Il est absolument nécessaire de remettre la LRA sur l’agenda international. La création d’un groupe de contact constitué des 4 pays concernés, des différentes missions onusiennes ainsi que de plusieurs envoyés spéciaux et des membres permanents du Conseil de sécurité est importante. Ce groupe constituerait un espace de négociations et permettrait de déterminer une stratégie cohérente sur la protection des populations civiles.