Communiqués de presse

La Monuc a encore un rôle-cle a jouer

22/03/2010

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Celle-ci ne s’est souvent pas sentie protégée par la force onusienne. Nous avons toujours été convaincus que la présence de la Monuc, même si sa performance et son impact sont restés largement en dessous des attentes, a pu éviter l’implosion du Congo à l’est du pays, ce qui est un mérite réel et important.

A l’heure où l’avenir de la Monuc est discuté, nous constatons que la mission onusienne n’est pas encore entièrement remplie, notamment sur les terrains suivants :

  • Les opérations militaires Umoja Wetu, Kimya 2 et Amani Leo n’ont pas été capables de mettre un terme aux tueries, aux viols et aux pillages dont souffre la population jusqu’à ce jour. Une récente mission du Directeur d’EurAc Kris Berwouts aux Kivus nous permet d’affirmer que les différents groupes armés sont dans une dynamique de radicalisation et de recrutement. Nos membres actifs en Ituri et dans les zones où opère la LRA (Haut et Bas Uele) nous confirment que le problème des milices n’y est pas résolu non plus. La présence de la Monuc reste indispensable pour la consolidation de l’Etat de droit et pour la protection de la population, à condition que la Monuc ait les fonds, l’équipement et le soutien politique nécessaires pour capitaliser entièrement son mandat.
  • Ni la transition ni la Troisième République n’ont réalisé la formation d’une armée unifiée, républicaine, performante et disciplinée, que nous considérons comme l’épine dorsale d’une sécurité durable à l’est du Congo. Un nombre important de partenaires internationaux de la RDC contribuent aux Réformes du Secteur de Sécurité (RSS). La Monuc a non seulement une importante contribution à fournir, mais aussi un rôle de coordination à jouer.
  • Vu l’impact destructeur qu’ont encore les milices étrangères sur le sol congolais, un effort accéléré de la Monuc dans le désarmement, la démobilisation, la réintégration, le rapatriement, la réintégration et la réimplantation (DDRRR) de leur combattants est une nécessité absolue.
  • Les facteurs structurant du conflit comme la militarisation de l’exploitation et du commerce des ressources minérales continuent de retarder l’éventualité d’une résolution durable du conflit. Il est démontré aujourd’hui que sans une implication de l’ONU, ce problème ne sera précisément pas résolu.
  • La première législature de la Troisième République touche à sa fin. Si le cycle électoral de 2006 n’est pas clôturé par des élections libres et transparentes aux niveaux locales, les acquis des provinciales et nationales risquent de s’effondrer. La Monuc a un important rôle à jouer dans l’organisation logistique et dans la sécurisation des élections, elle contribuera aussi à leur caractère libre et transparent.
  • nous avons toujours apprécié les efforts de la Monuc en termes de renforcement des capacités dans des domaines comme les doits de l’homme, la bonne gouvernance, le système pénitentiaire et autres. L’information fournie par la Radio Okapi doit être considérée comme l’un des efforts louables de la Monuc.

Le réseau des ONG européennes pour l’Afrique Centrale recommande aux instances de l’UE et ses Etats-membres d’œuvrer dans le cadre onusien pour :

  • 1) la formulation et la communication d’une stratégie et d’un calendrier de retrait de la Monuc, afin de donner un signal clair que la communauté internationale n’a aucune ambition de pérenniser la présence des casques bleues en RDC.
  • 2) la définition de cette stratégie de sortie en fonction des capacités des institutions civiles et militaires de la Troisième République à assurer la défense du territoire, à protéger la population et l’Etat de droit.
  • 3) Un programme DDRRR accéléré et la démilitarisation du secteur minier à travers une structure internationale ayant reçu mandat de l’ONU, portés par une approche diplomatique concertée et cohérente.
  • 4) l’investissement de la Monuc dans le renforcement de ces capacités, notamment par son appui au processus électoral et aux Réformes du Secteur de Sécurité. Dans les deux cas, il est très important que les différents partenaires harmonisent leur intervention dans le cadre d’un seul plan stratégique et opérationnelle.
  • 5) un travail onusien qui respecte l’indépendance et la souveraineté du Congo
  • 6) une concentration des forces de la Monuc dans les zones de conflit dans le pays et une meilleure communication avec la population et les autorités congolaises grâce à une présence plus proactive.

Pour informations complémentaires:

Kris Berwouts
Directeur EurAc
Rue des tanneurs 165
1000 Bruxelles
Kris.berwouts@eurac-network.org
Tel mobile: +32 485 070 852